La Rue Saint-Malo

Les pierres de la rue Saint-Malo portent en elles l’histoire tourmentée d’une cité portuaire créée sous le règne de Louis XIV. Elles témoignent d’un passé à jamais disparu, enfouit sous le feu de la guerre et le lustre de l’oubli. Les murs fatigués de cette modeste petite artère brestoise ont vécu bien des aléas et la modernité galopante a bien failli sonner son glas. Certains auraient bien aimés se débarrasser de ces derniers vestiges, abattre à jamais cette paisible impasse comme s’il fallait gommer un souvenir douloureux, presque honteux. C’eût été une très grosse perte. La rue Saint-Malo et ses vingt générations d’habitants, confond dans ses souvenirs l’austérité de l’architecte Choquet de Lindu, le calvaire des femmes repenties du Refuge Royal, la misère des ouvriers et les cris des enfants…

Rue des fantômes II, Yannig Trebaol

En trois siècles, la petite vallée de Pontaniou a subit d’incessants travaux d’aménagements au gré des besoins de la marine : ses falaises ont été décaissées et parées de hauts murs, ses plateaux arasés pour accueillir des bâtiments majestueux, l’ensemble formant un bijou d’architecture militaire qui plonge ses racines dans la grande aventure de la Royale. Alors qu’aujourd’hui on salue le succès des Ateliers des Capucins, les travaux de rénovation du bâtiment aux Lions, le futur aménagement de l’ancienne prison maritime ou du jardin de la Madeleine et, espérons-le, la réhabilitation de la petite rue Saint-Malo, sauvée de la destruction grâce à la pugnacité de Mireille Cann et Vivre la Rue, permettront de transformer ce « vilain trou de Pontaniou », en une véritable vitrine de la ville de demain, entre tradition et modernité.
Grâce l’argent obtenu avec le budget participatif, la Carrée va pouvoir amorcer la rénovation et l’aménagement de deux maisons de la rue Saint-Malo, les n° 23 et 25, avant d’étendre les travaux sur l’emplacement des anciens n° 27 et 29. En tout, ce sont plus de 300 m² d’exposition, qu’à terme, nous espérons présenter au public.

Posté le 10 mars 2020 par Olivier Polard